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Si seulement

  • 12 août
  • 1 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 août

Femme blonde de dos face au miroir d’une salle de bain, illustration du poème Si seulement de Nina Astone

Si seulement, elle avait parlé.

Je s'rais pas là à m'tourmenter.

Elle était belle à faire craquer.

On la prenait pour une poupée.


Si seulement, elle avait pu dire.

Au lieu de faire semblant de rire...


Jamais bien, toujours "pas assez".

C'était l'époque, les mecs régnaient.

On lui disait comment manger.

Et même ce qu'elle devait porter.


C'était comme ça, et elle pensait.

Qu'avait pas le choix, qu'c'était plié.

Y'avait qu'à s'taire et encaisser.

C'était pas grave, pas fait exprès.


Mais en loosdé, elle me disait.

Des vérités, tellement très vraies

Qu'elle aurait pu leur expliquer

A tous ces cons qui c'la pétaient.


Mais son avis, on s'en foutait.

Elle avait pas à s'exprimer.

Pourtant ses yeux bleus délavés

Savaient des choses très très censées.


Mais pour une conne, on la prenait

Alors elle préférait chanter...

Pour leur faire croire leur vérité.

Pas faire de vagues, avoir la paix.


Elle était belle, pas qu'en portrait.

Or pour tout le monde, il suffisait...

De hauts talons, bien maquillée,

Petit chignon, la bouche serrée.


Si seulement, elle avait parlé.

J'serais pas là à t'raconter.

Si seulement, elle pouvait parler.

Elle te dirait que tout ça, c'est vrai.




Nina Astone

 
 
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